Vendredi 23 mai 2014:

Le festival  de Cannes va bientôt fermer ses portes, les pronostics commencent à aller bon train sur la Croisette. La presse a adoré le film de Xavier Dolan Mommy et Deux jours, une nuit,  le film des frères Dardenne. Beaucoup les voient au palmarès donné demain par Jane Campion et son jury. Les prix des sélections parallèles commencent à tomber et à la semaine de la critique, The Tribe dont je vous avais  parlé rafle tous les suffrages et a obtenu 3 des 4 prix décernés à la Semaine. Pour ma part, c’est un peu fatigué que je vous écris ce dernier post cannois. Il faut dire qu’après une dizaine de films vus et de très nombreuses files d’attente, je ressens une certaine lassitude mais ce fut tout de même une véritable joie de voir tous ces films d’horizons si différents et de vous faire partager certains d’entre eux. Le dernier film que j’ai vu à Cannes est un documentaire, Tokyo Olympiades (Tōkyō Orinpikku en VO), réalisé par Kon Ichikawa en 1964. Il est diffusé dans le cadre de Cannes Classics, sélection de films et de documentaires ayant marqué l’histoire du cinéma. Ce film nous immerge dans les Jeux Olympiques d’été en 1964 à Tokyo. Au plus près des sportifs et des spectateurs,  Kon Ichikawa nous fait revivre cette grande fête du sport où l’espace de quinze jours, les pays se font la paix, oublient les vieilles rancunes grâce au sport qui rassemble et crée des émotions communes. Contrairement à  Leni Riefenstahl qui avait réalisé un documentaire sur les Jeux Olympiques de Berlin en 1936 avec  idéologie et en insistant beaucoup sur l’héroïsme des Dieux du Stade, Ichikawa s’intéresse  à l’interaction entre le public et les sportifs et ce n’est pas que la glorification des corps qui l’intéresse. Tokyo Olympiades répond aux Dieux du Stade, l’un nous montrait l’émergence d’une Europe nazie, l’autre nous montre un monde qui renait,  ayant réussi à se sortir du cataclysme provoqué par le nazisme. Certains plans sont magnifiques, poétiques et très novateurs, ils ont vraiment la grâce.

Voilà, c’est avec émotion que je conclus ce dernier post en direct de Cannes. Peut être que le chemin de la revue Y repassera par la French Riviera. C’est qu’on devient vite accro au festival, et même fatigué , on a envie de crier « Cannes will be back! »

Matthias Hardoy

Matthias Hardoy

Parle beaucoup de cinéma et un peu d'autres choses (radio, théâtre...) Franco- espagnol de nationalité, finnois de cœur et parisien depuis peu...
Matthias Hardoy

Written by Matthias Hardoy

Parle beaucoup de cinéma et un peu d'autres choses (radio, théâtre...) Franco- espagnol de nationalité, finnois de cœur et parisien depuis peu...