Oscar Muñoz est un photographe colombien peu connu hors des frontières de son pays. Une rétrospective sur plus de 40 ans de travail vient de se terminer au musée du Jeu de Paume, à Paris.

Oscar Muñoz et son oeuvre "Calidoscope" (Photographie: Museo de Antioquia- Flickr)

Oscar Muñoz et son oeuvre « Calidoscope » (Photographie: Museo de Antioquia- Flickr)

Oscar Muñoz mêle les questions sociales et historiques (histoire personnelle ou collective) à une recherche sur les matériaux qu’il utilise. Immédiatement après être entré dans l’exposition, le visiteur est pris à parti. La première œuvre, « Calidoscope »  est une synthèse des questions qui travaillent l’artiste. Sur une photo de la ville de Cali vue du ciel, une plaque de verre a été déposée. Quand le visiteur marche, la plaque de verre se brise. Ici, Oscar Muñoz veut nous montrer l’espace vide qu’est devenue sa ville d’origine, qui se détruit petit à petit.

Le photographe interpelle également le visiteur sur les thèmes du souvenir et de la mémoire. La photographie, cet art qui fige un moment pour toujours et qui faisait dire à Roland Barthes qu’elle est « la mort du sujet », voit ici sa nature bouleversée. Grâce à différents procédés techniques et à différents matériaux, comme la dématérialisation du support, Oscar Munoz fait se dissiper lentement, comme un souvenir avec le temps, des visages d’inconnus, qui rappellent un contexte social où disparaître est politique.

L’exposition au Jeu de Paume nous invitait donc à découvrir un contexte social autant que les réflexions d’un photographe qui interroge la nature de son art autant sur le plan technique que politique.

Photographies- reproductions de portraits déposées sur de l'eau (Source: iJuliAn- Flickr)

Photographies- reproductions de portraits déposées sur de l’eau (Source: iJuliAn- Flickr)

Eléonore Duluc

Eléonore Duluc

Rédactrice "Arts vysuels", passe autant de temps dans les musées que sur internet, pense que la culture compense l'absence de sommeil.
Eléonore Duluc

Written by Eléonore Duluc

Rédactrice "Arts vysuels", passe autant de temps dans les musées que sur internet, pense que la culture compense l'absence de sommeil.