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(c) Southbank Centre / Creative Commons.

En voilà une héroïne de la génération Y. Un petit bout de jeune femme, à peine sortie de l’adolescence, qui vous colle des frissons d’émotion et fait trembler les opposants à la liberté et au droit à l’éducation des enfants – des filles, en particulier.

Malala Yousafzai, 17 ans, et un destin hors normes. Cela faisait deux ans qu’elle était pressentie pour le Prix Nobel de la Paix, il lui a (enfin) été décerné, conjointement avec Kailash Satyarthi[1], lui aussi militant pacifiste contre l’exploitation des enfants.

Elle reçoit cette récompense deux ans – quasiment jour pour jour – après l’attentat qui visait à la réduire au silence. C’est aussi ce jour-là que le marathon médiatique de la jeune Pakistanaise commence. Son histoire à elle, jeune enfant élevée dans la région de Swat, commence pourtant bien avant, lorsqu’elle décide de témoigner sous pseudonyme, sur un blog de la BBC[2]. Malala y raconte à la fois sa peur et son obstination à continuer de fréquenter l’école de son père. Malgré la menace des talibans, qui ont pris le contrôle du nord-ouest du Pakistan. Menace pesante. Insistante.

Ce 9 octobre 2012, sa vie bascule. Une balle dans la tête. Malala Yousafzai s’en relève et devient un symbole, pour les enfants et les filles de son pays comme du monde entier. Une résistante humble et percutante, d’un sang-froid implacable, qui, la tête haute sur la tribune de l’ONU[3], se fait la promesse de combattre pour l’accès à l’éducation des jeunes, l’éducation qu’elle désigne comme « la plus puissante des armes ».

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Remise du Prix Sakharov à Malala Yousafzai, le 20 novembre 2013 à Strasbourg. (Photographie : (c) Claude Truong-Ngoc / Creative Commons)

Dans l’ombre, des milliards de jeunes filles, tous les jours, se rendent à l’école, souvent, trop souvent, en risquant leur vie et celle de leur famille. Comme Malala, elles ne fléchissent pas. Des roseaux. Fragiles d’apparence, solides comme des rocs. Pourtant, ce ne sont pas toutes ces héroïnes que les caméras ont choisi. D’ailleurs, on peut se demander pourquoi elle est trop – ou pas assez – médiatisée, Malala Yousafzai. Pourquoi sa vie reste sans cesse en danger, pourquoi Hollywood voudrait en faire un film, pourquoi certains adolescents de 17 ans connaissent davantage Miley que Malala.

Parfois, des héros naissent, et on les reconnaît.

[1] Kailash Satyarthi, lauréat du Prix Nobel de la Paix 2014 : http://www.lemonde.fr/prix-nobel/article/2014/10/10/qui-est-le-prix-nobel-de-la-paix-kailash-satyarthi_4504279_1772031.html

[2] « Diary of a Pakistani schoolgirl » : http://news.bbc.co.uk/2/hi/south_asia/7834402.stm

[3] Le discours de Malala à l’ONU : https://www.youtube.com/watch?v=5SClmL43dTo

Claire Faugeroux

Claire Faugeroux

"Y" dans l'âme, fermement décidée à prouver que sa génération a construit sa propre culture, nez collé aux écrans... ou pas !
Claire Faugeroux

Written by Claire Faugeroux

"Y" dans l'âme, fermement décidée à prouver que sa génération a construit sa propre culture, nez collé aux écrans... ou pas !