Price est le récit de la perte de l’innocence d’un jeune homme, une quête d’identité qui le plonge dans la violence acide de l’âge adulte où vérité et liberté sont tributaires des stratégies de chacun.

Sous un lyrisme apparent se cache une obscurité profonde, qui nous emmène dans la ville industrielle d’East Chicago, où l’avenir se résume à finir à l’usine.

Pour embrasser sa voie, Daniel devra s’affranchir de ce destin tracé, et d’une image paternelle oppressante à laquelle il refuse de ressembler.

Steve Tesich, surtout connu pour Karoo, signe ici un roman tumultueux, qui oscille en permanence entre candeur et noirceur, entre la quête d’absolu, de vérité face aux désillusions, aux mensonges, aux concessions ; un roman qui fait partie de ces lectures qui laissent une empreinte profonde.

Un roman qui, pourtant publié en 1982, trouvera écho dans notre génération, pour la quête d’engagement, pour le besoin d’absolu, le rejet des faux-semblants.

Pour les amoureux du livre, qui aiment (presque) autant le contenant que le contenu, vous pourrez le trouver aux éditions Monsieur Toussaint Louverture (« ça ressemble à du placement produit », oui, okay, mais si c’est aussi beau que bon, il faut partager non ?) qui nous proposent un papier et une couverture de grande qualité, assortis d’une pointe d’aspects techniques et d’humour sur la dernière page (je ne vous en dit pas plus mais ce fut un argument supplémentaire pour craquer dans mon cas).

Au seuil de la mort, je ne penserai pas au yacht que j’aurais pu m’acheter : je penserai aux régions inexplorées, aux amours que je n’ai jamais avouées, à toutes les émotions et idées que j’ai encore en moi et qui disparaîtront quand on me mettra six pieds sous terre. Vous n’avez qu’une chance pour cette chose qu’on appelle la vie.

Steve Tesich, mai 1996

Et pour un petit extrait, je vous mets un épigraphe (oui, un petit côté je-sais-tout ce terme technique, surtout pour désigner simplement une citation en tête de chapitre, mais il faut bien étaler un peu sa culture) :

L’homme a des endroits de son pauvre cœur qui n’existent pas encore mais où la douleur entre afin qu’ils soient.

Léon Bloy

Voilà, bon ça plombe un peu l’ambiance et je ne vous cache pas que la lecture vous laisse une marque indélébile, mais on en sort grandi et plein de perspectives.

Julien Da Silva

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Geek, bibliovore, touche à tout insatiable, tout est intéressant pourvu que ce soit présenté par des passionnés
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