Cela fait longtemps qu’on aurait du vous parler de cette superbe émission de radio qui parle si bien de notre génération Y. La musique du générique, puissante et énergique – tirée du film bouleversant de Céline Sciamma Bande de filles – donne le ton. « Une série française » est consacrée à cette jeunesse qui a peur et qui espère, et a connu, enfant, l’euphorie de la Coupe du Monde 1998, a été traumatisée par le visage de Jean Marie Le Pen sur le petit écran le 21 avril 2002 et qui, depuis 9 mois, ne s’est toujours pas remise du choc des attentats de janvier 2015.

Ces Français, nés à la fin du XXème siècle, ont bien conscience qu’il va falloir passer à l’action pour se créer un avenir moins sombre que celui que prédisent certains pessimistes des générations précédentes. Pierre, Nur, Maxence, Elvire et les autres montrent chacun leurs différences, leurs croyances et leurs combats. Aurélie Charon et son équipe écoutent avec bienveillance ses jeunes matures et audacieux. Toutes les semaines de l’été, l’émission a sillonné la France à la rencontre des voix de la génération Y. Chacun a le temps de s’exprimer et de combattre les clichés. Nur, féministe de 23 ans qui porte le voile, revendique que « la vérité [soit] dans la nuance ». On peut aimer une valse de Chopin et un rap de Keny Arkana, Marguerite Duras et lire le Coran. Pourquoi choisir ? Pourquoi devoir faire ce que l’on attend de vous ?

Sophia , 23 ans, jeune  communiste et l'une des héroïnes de la Série française de France Inter  © Radio France - 2015 / Aurélie Charon

Sophia, 23 ans, jeune communiste, est l’une des héroïnes de la « série française » de France Inter.    © Radio France – 2015 / Aurélie Charon.

Les paroles émeuvent et surprennent. Pierre, un jeune maire centriste de 23 ans, admirateur de Charles De Gaulle, aurait rêvé de vivre le 10 mai 1981 et son rêve de « lendemains qui chantent ». D’ailleurs, il ne voit pas d’un mauvais œil l’idée d’une sixième république comme Sophia, militante communiste de 23 ans, proche de Mélenchon – qui, a priori, n’a pas grand-chose à voir avec Pierre. Tous les jeunes interrogés partagent l’envie de tenter quelque chose de nouveau, de réinventer à leur façon la République et ses règles. N’en déplaisent à certains, la jeunesse n’est pas si égoïste et décérébrée que cela ! Elle n’a pas baissé les bras, même s’il y a tant de choses à faire.

« J’espère que mes enfants et petits-enfants trouveront que l’on vivait une période vraiment absurde » souhaite Elvire, Femen de 27 ans pour qui le combat féministe est bien loin d’être terminé.

Selon Nur, « le danger serait de s’endormir » mais elle garde espoir, avec à l’esprit les images de la révolution tunisienne de 2011 qu’on attendait pas et qu’on jugeait impossible. L’un des Y interrogés dit que la jeunesse est « un âge de l’incertitude » mais aussi un âge où l’on se dit qu’on a le temps de mettre les mains dans le cambouis. Certes, le monde est en plein chantier mais on peut toujours ajouter sa petite pierre à l’édifice…

L’émission était diffusée cet été mais vous pouvez encore l’écouter jusqu’en mars 2018 sur le site de France Inter !

À réécouter également, mais cette fois sur le site de France Culture, Le Bel âge, émission de Serge Efez consacrée également à notre génération, autour de thématiques telles que la sexualité, le numérique… mais avec en plus, cette fois-ci, la présence d’universitaires ou encore de psychiatres.
Matthias Hardoy

Matthias Hardoy

Parle beaucoup de cinéma et un peu d'autres choses (radio, théâtre...) Franco- espagnol de nationalité, finnois de cœur et parisien depuis peu...
Matthias Hardoy

Written by Matthias Hardoy

Parle beaucoup de cinéma et un peu d'autres choses (radio, théâtre...) Franco- espagnol de nationalité, finnois de cœur et parisien depuis peu...