Angoulême accueillait son 44ème Festival International de la Bande Dessinée du 26 au 29 janvier 2017. Dispersées dans cette petite ville aux accents médiévaux, les « bulles » du FIBD ont permis une nouvelle fois aux festivaliers de goûter à toutes les dimensions du 9ème art… Et malgré une fréquentation en baisse (entre -6% et -10% selon les organisateurs), cette nouvelle édition a brillé par son ouverture d’esprit et ses trouvailles, que nous avons eu le plaisir de découvrir sur place.

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31 heures, c’est peu, mais c’est tout ce dont nous disposions pour profiter du FIBD 2017. Un vrai « festival de frustration », nous expliquait Delphine Groux, Présidente de l’association FIBD, quand on imagine un fan face au programme débordant du festival, ne pouvant disposer de tout le temps nécessaire pour voir ses artistes et expositions préférées. Frustration que nous avons logiquement ressentie, face à l’impossibilité technique de visiter les 8 expos que nous pensions incontournables. Frustrés de devoir faire des choix dans un environnement qui nous dépasse par sa richesse, nous avons vécu ce weekend comme un marathon, courant après les dédicaces et les découvertes, ne sachant plus trop où donner de la tête…

Samedi 28 janvier, 11:00 : À cette heure-ci, la ville n’est pas encore tout à fait réveillée… La douceur matinale (un vrai miracle pour la saison) donne à Angoulême un petit aspect mystérieux, presque moyenâgeux, qui donne envie de s’engouffrer dans ses minuscules ruelles avant qu’elles ne soient prises d’assaut. Habitués des lieux, nous filons d’abord récupérer nos précieux sésames avant de nous triturer la cervelle pour faire rentrer 45 heures de visite en 31 heures de présence. Un vrai puzzle, qui se complique à mesure que le Festival s’installe dans le centre-ville et ses environs. Ne sous-estimez pas les temps de trajet !

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11:34 : Histoire de prendre la température avant de plonger au cœur du festival, nous déambulons entre l’Hôtel de Ville et le Champ de Mars. L’ambiance paraît familiale, détendue, à peine perturbée par la présence de militaires et de blocs de ciments barricadant le centre-ville et limitant l’accès aux points névralgiques qu’à de très rares véhicules.

13h45 : Nous avions l’année dernière loupé de peu le désormais traditionnel Concert de Dessins, organisé au Théâtre de la ville et dont les trop peu nombreuses places sont prises d’assaut à l’approche du Festival. Ne souhaitant pas rater cette occasion une nouvelle fois, nous avons pris les devants et réservé nos places, indispensable quand on sait donc que l’évènement fait salle comble tous les ans. Et pour cause ! Répartis sur deux plans de travail, une dizaine d’artistes s’activent pendant plus d’une heure pour créer une bande dessinée pendant qu’un orchestre les accompagne.

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Suivant le rythme de l’histoire (ici, un western…), les musiciens et les dessinateurs s’accordent plutôt bien, rendant l’expérience très singulière et surprenante. Seule ombre au tableau, les technologies utilisées pour la restranscription de la performance sur l’écran de la scène, qu’on croirait tirées de l’époque des premiers caméscopes VHS. Étonnant, pas forcément dans le bon sens, mais on ressort quand même ravis de cette chouette introduction au FIBD 2017 !

16h12 : Nous filons ensuite à l’Espace Franquin (1, boulevard Berthelot) pour découvrir l’exposition rendant hommage à Hermann. Le dessinateur belge avait reçu le Grand Prix d’Angoulême l’an dernier, récompensant l’ensemble de son œuvre. Bondée, cette rétrospective de planches originales, tirées de ses séries mythiques (de Bernard Prince à Comanche), retrace sa vision du western et de la nature.

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17h08 : On sort de la foule pour retourner dans le cœur historique d’Angoulême, et plus précisément à la Galerie Art Image, où se tient l’exposition de Sophie Guerrive, Honneur et Profit. On découvre alors le trait fin et poétique de l’autrice de Capitaine Mulet et Tulipe, parus aux Éditions 2024. Une vraie belle découverte pour nous, qui ne connaissions pas l’artiste !

17h31 : On termine les visites de la journée à l’Hôtel Saint-Simon, récemment rénové par la ville et confié à une association pour promouvoir la culture et le patrimoine via des expositions, par exemple. Pour le Festival, une partie de cet ancien hôtel particulier a été offerte à la « S » Grand Atelier pour l’expo « Knock Outsider Komiks ». Ce studio de création Belge propose des ateliers à des artistes mentalement déficients, encadrés par des professionnels.

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18h40 : Il est presque 19 heures et nous fonçons au Théâtre pour assister à la Cérémonie de remise des Fauves 2017 ! Dans une salle comble animée par Stéphane Beaujean et Nora Hamzawi – qui s’est fendue d’un mini one-woman-show avant de lancer la remise des prix -, cette 44ème remise a décoré un palmarès varié et d’excellente qualité ! Voici nos fauves préférés :

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20h35 : La soirée va (enfin) pouvoir commencer ! On mange un morceau dans le vieux Angoulême avant d’aller faire un tour aux Mains Sales, un lieu éphémère ouvert spécialement pour le festival. Sur deux étages, des sérigraphies et mini-expositions recouvrent les murs. Au rez-de-chaussée, bières et musique dans une ambiance festive, bref, un apéro parfait ! Mais on doit vite quitter les Mains Sales pour rejoindre une autre soirée !

23h00 : Le rendez-vous est donné dans la cour de l’Hôtel de Ville et plus exactement au « Magic Mirror » qui y est dressé à l’intérieur. Ce lieu a été dédié aux autrices et auteurs du festival afin de leur offrir un petit sas de décompression bien mérité pendant le festival. On a eu la chance d’y passer une bonne partie de la nuit, et de croiser quelques-uns des lauréats 2017, décidés à fêter leurs récompenses bien méritées !
Sans perdre de vue qu’une grosse journée nous attendais le lendemain…

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Dimanche 29 janvier, 10h14 : Il est temps de découvrir les bulles des éditeurs, réparties sur deux lieux : La place New York, avec tous les éditeurs de petite et moyenne taille, et le Champ de Mars, qui accueille tous les ans les mastodontes de l’industrie « bédéique ». On décide de profiter des gros éditeurs tant qu’ils ne sont pas pris d’assaut. Glenat, Dargaud, Gallimard, Panini Comics, Soleil, Delcourt, tous les géants de la BD sont présents, comme chaque année. Et malgré la prétendue baisse de fréquentation, il devient compliqué de circuler après midi !

14h55 : Nous faisons ensuite escale à l’Espace Polar SNCF pour la rencontre avec les lauréats du Fauve Polar : Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse pour leur livre « L’été Diabolik« . Une rencontre très intéressante mais aussi un très bon moment dans cet espace convivial où les festivaliers pouvaient se (re)poser, bouquiner, se faire prendre en photo, gagner des cadeaux lors de quizz, etc.

15h41 : On visite ensuite la bulle du Nouveau Monde et l’Espace DB Alternative, place New York. Ici, pas de stand gigantesque et de files d’attente interminable pour des dédicaces, mais d’innombrables petits stands où se découvrent de très belles bandes dessinées et des artistes prêts à échanger sur leur art. Certains noms nous sont familiers, d’autres pas du tout, et nous déambulons dans les allées du Nouveau Monde, à la recherche de nos prochaines lectures… Parmi elles, Patience de Daniel Clowes aux Éditions Cornélius, mais aussi Mort Cinder de Alberto Breccia & Héctor Oesterheld chez Rackham.

16h30 : C’est presque déjà la fin du FIBD 2017… Lors d’une ultime conférence de presse, l’équipe du Festival dresse le bilan de cette 44ème édition. Une fréquentation en baisse, mais des revenus éditeurs stables et des conditions d’accueil améliorées pour les artistes. L’étendue très vaste d’artistes, de lieux et de disciplines est un choix assumé par la direction du festival, qui ne souhaite pas devoir « faire des choix et se couper d’une partie de la profession ». De notre côté, nous repartons des images plein la tête… et les valises !

17h05 : Juste avant de repartir dans notre chère capitale, nous trouvons un créneau de dernière minute pour visite L’estampiste du Manga, une exposition dédiée à Kazuo Kamimura et visible jusqu’au 12 mars 2017 au Musée d’Angoulême. 150 œuvres originales de l’artiste y sont exposées, retraçant la vie de l’artiste et sa passion très avant-gardiste pour les femmes, qu’il illustre d’une manière pop que l’on croirait presque européenne… et contemporaine !

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17h47 : Nos 31 heures de festival s’achèvent. Le bilan de cette édition ? Un palmarès plutôt conservateur mais des artistes de talent, et de très belles découvertes. Quelques expos loupées par manque de temps, mais nous ne pouvions clairement pas faire mieux. Bref, si vous êtes fan de bande dessinée, prévoyez 3 jours complets pour espérer tout voir. On se dit à l’année prochaine ?

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Benoit Gisbert-Mora
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Passionné de musique et avide de tendances, spécialiste food & drink !
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