Ici on kiffe la musique, et surtout quand elle est bonne, faite par des gens talentueux et passionnés. Aujourd’hui on vous présente A Polylogue From Sila, le projet éclectique de Kevin Bucquet, un jeune français établi – en ce moment – à Berlin.

À l’occasion de la sortie de son premier album (dispo en digital et bientôt en vinyle), nous lui avons donc posé quelques questions, sur A Polylogue From Sila, sa musique, ses influences et sa vision des choses. Car écouter ce que les artistes ont à dire est beaucoup plus constructif que lire de simples critiques musicales. Prêts à vous plonger dans son univers ?

La Revue Y : Quelle est la première chanson que tu as appris à la basse ?

Kevin Bucquet : D’après mes souvenirs je crois que c’était « Feel Good » de Gorillaz !

 

Y : Comment a Polylogue from Sila a t’il été construit ? Quelle est la genèse de ce projet ?

K.B. : Aussi longtemps que je puisse m’en souvenir, j’ai toujours aimé composer. Après avoir accumulé beaucoup de brouillons, je me suis dit qu’il était temps d’en faire quelque chose, de les sortir du disque dur et de collaborer avec différentes personnes de mon entourage musical !

 

Y : Vous avez chacun apporté votre propre univers dans ce polylogue ? Combien êtes-vous ?

K.B. : On peut effectivement entendre différents univers musicaux et différentes personnes participer sur cet album. Néanmoins, ce « polylogue » vient en fait d’une seule et même personne : Sila. Sinon j’ai eu la chance de collaborer avec le rappeur Local Blac (Los Angeles), J. Lamotta (Tel Aviv) et Joey Steffens (Amsterdam) au chant ; et enfin avec Loomis Green, guitariste de Aloe Blacc et Jan Delay.

 

Y : Qui est Sila ?

K.B. : Sila est la petite voix dans notre tête. Celle qui nous souffle tout bas de prendre telle ou telle décision, et qui nous influence inconsciemment. C’est une personnification de notre intuition et des phénomènes qui ont du mal à être expliqués. Quand les mots manquent, il ne reste plus que le ressenti, pour moi c’est parfois bien plus concret. Je pars du principe qu’une œuvre (quel que soit le domaine artistique) ne nous appartient pas vraiment. J’essaye de faire le pont entre le plan ésotérique et le monde matériel tel que nous le percevons, une sorte de fil conducteur entre une idée (Sila) et sa réalisation dans le concret.

 

Y : Quelles sont tes influences majeures pour ce projet ?

K.B. : J’ai moi même du mal à classer cet album dans un registre bien précis, mais je suis un grand fan de musique afro-américaine (Neosoul/Funk/Jazz/HipHop/RnB). Je m’inspire également de rythmes africains. Je pense qu’on peut facilement reconnaître ces éléments entrelacés les uns avec les autres. Même si je n’ai pas vraiment eu de concept, c’était plus un exutoire pour moi. Mettre des idées à plat et avancer sans trop réfléchir au résultat.

 

Y : Si tu ne devais garder qu’un des titres de cet album, ça serait lequel (celui que tu aimes le plus ou le plus représentatif) ?

K.B. : Je crois que ça serait « I think I can hear it sometimes ». Le morceau a été entièrement écrit en une journée, avec très peu d’arrangements. Je crois que plus une œuvre est spontanée, plus elle est sincère. Quand un morceau est trop travaillé, il perd vraiment son âme. Lorsque le chant arrive à la fin du morceau, on peut constater que Sila a été entendue et a débloqué quelque chose en moi.

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Y : Tu es un français expat à Berlin. Est-ce plus facile de composer et jouer là ? Ce projet est-il en lien direct avec la ville, son foisonnement, les rencontres que tu y as faites ?

K.B. : Toutes les collaborations sont issues de rencontres à Berlin oui ! L’album sonnerait complètement différemment si j’avais été à un autre endroit du globe. Je pense que tout est lié. Il y a vraiment une effervescence à Berlin qui te permet de nourrir ta créativité plus facilement que dans d’autres villes. C’est très facile de rencontrer des gens et de monter des projets, mais il faut également savoir garder la tête sur les épaules et continuer à avancer car l’ambiance générale « easy, kein stress » peut être un frein à la finalisation de projets. Je pense arriver dans une phase où le besoin de me reconnecter avec mes racines se fait ressentir. Les montagnes du Pays Basque, l’océan, les amis, la famille, tout ça semble de plus en plus important pour moi avec le temps qui passe.

 

Y : Comment s’est passé la production de cet album ?

K.B. : L’écriture de certains morceaux a commencé dans une maison d’artiste qui s’appelle la Greenhouse à Berlin.  J’ai ensuite investi un studio en 2016 avec mon ami batteur Masaya Hijikata pour enregistrer les batteries et continuer l’écriture avec l’aide de Vernon D. Hill, producteur originaire de Detroit et claviériste pour des artistes tels que Slum Village, Dwele, ou Amp Fiddler. J’ai beaucoup appris avec lui ! Pour finir, l’album a été mixé et masterisé par le producteur Q3000.

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Y : Quel était ton premier groupe ?

K.B. : Ahah il fallait que ça retombe ! The Drunknones était un groupe de Hardrunk n’ Roll comme on aimait l’appeler ! Je devais avoir 16 ans et j’étais un grand fan de punk, hard-rock et autres musiques suaves. Avec le recul, je trouve que c’était quand même une très bonne école car tous les membres du groupe avaient déjà un niveau bien au-dessus du mien, ce qui m’a permis d’évoluer rapidement ! Je me trouve dans un autre registre musical aujourd’hui mais je sais que tout est lié à mes expériences antérieures ! Enfin, j’en garde de très bons souvenirs et de grosses gueules de bois !

 

Y : Ton premier album vient de sortir en digital. Quels sont les projets pour 2017 ? Une sortie physique, de nouvelles compos, du live, autre chose ?

K.B. : Le vinyle sera bientôt disponible après les concerts ! Sinon, on repart en résidence le mois prochain pour tourner de nouvelles vidéos et j’ai déjà quelques dates de prévues avec mon équipe en France pour cet été.

 

Y : Tu penses déjà à ton prochain album ?

Je pense attendre un peu et me concentrer sur la partie live du projet pour me faire plaisir !

 

Y : Plutôt Precision Bass ou Jazz Bass ?

K.B. : Choix difficile mais Precision ! Avec des filets plats…..hummmmmm

 

Y : Plutôt Stevie Wonder ou Marvin Gaye ?

K.B. : Marvin Wonder ?

 

Y : Quelle est la dernière chanson que tu as écoutée ?

K.B. : Je viens tout juste d’écouter l’album Donuts de J Dilla qui passe en boucle chez moi et que je recommande à tous les amateurs de Hip Hop !

 

Pour écouter A Polylogue From Sila rendez-vous sur Soundcloud ou Bandcamp, et pour suivre ses actus, c’est sur Facebook que ça se passe !

Paola Vavasseur
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