Cet article est extrait du n°12 de la revue Y, téléchargeable ici.

Chaque année, l’association Poitiers jeunes organise le Festival des Expressifs qui met en avant les projets culturels et musicaux qu’elle soutient. (Photographie : Poitiers Jeunes.)

Chaque année, l’association Poitiers jeunes organise le Festival des Expressifs qui met en avant les projets culturels et musicaux qu’elle soutient.
(Photographie : Poitiers Jeunes.)

L’association Poitiers Jeunes accompagne des jeunes porteurs de projets culturels ou humanitaires. Son but : encourager le potentiel de la génération Y. L’association Poitiers Jeunes, située 12 rue Charles Gide à Poitiers, est une association reconnue d’intérêt général. Elle est soutenue principalement par la ville de Poitiers, la région Poitou-Charentes, l’Etat et le Conseil Général de la Vienne. Elle se définit comme un « propulseur de talents ». En effet, avec son pôle « Jeunesse », elle épaule les jeunes à la recherche d’aide pour monter leurs projets citoyens, laïcs et solidaires.

La philosophie du lieu : ne pas faire à la place des jeunes mais plutôt les suivre dans leurs différentes démarches. «On suit environ 80 projets par an. Certains viennent avec des projets bien aboutis et ne demandent que quelques petits conseils sur la com par exemple. D’autres au contraire arrivent avec de vagues idées de projets et c’est à nous de les conseiller, de leur dire où demander des subventions. Sans vouloir casser des rêves, on est quand même dans un esprit pragmatique, on dit clairement aux jeunes ce qui est possible et ce qui est irréalisable ! », déclare le chargé de communication de Poitiers Jeunes, Mickaël Buno.
L’association organise des événements culturels comme les Expressifs, festival d’arts de rue, ou le Carnaval de Poitiers. Ces événements sont l’occasion de mettre en valeur les projets artistiques (et en particuliers musicaux) très nombreux. Avec les soirées Face B à la salle Plan B, Poitiers Jeunes se fait programmateur en organisant les premières scènes des porteurs de projets musicaux. Une façon de jauger le potentiel des groupes et de voir si ceux-ci font des étincelles !

L’association Populariz’arte. Photomontage réalisé par l’association (en haut : Julio Cortozar et Sarah ; en bas : Manon et Veronica).

L’association Populariz’arte.
Photomontage réalisé par l’association (en haut : Julio Cortozar et Sarah ; en bas : Manon et Veronica).

Parmi les projets soutenus actuellement par Poitiers Jeunes, on trouve Populariz’arte qui se veut comme une plateforme de transmission des cultures latino-américaines. Créée par Veronica, Manon et Sarah, la toute jeune association poitevine veut se débarrasser des clichés pour faire connaître au plus grand nombre la culture hispanophone. « Par des expositions, des débats, des projections de films, des lectures, on veut faire partager la culture de façon populaire. On n’est pas du tout dans l’esprit colloque universitaire ! » affirme Sarah.
L’épreuve du feu sera pour les 26, 27 et 28 septembre dans le cadre du festival étudiant de Poitiers Les Tudiantes. Populariz’arte organisera une lecture-événement autour de l’œuvre de Julio Cortazar, écrivain et nouvelliste argentin connu entre autres pour son œuvre fantastique. « Nous allons lire et parler de son œuvre Marelle, c’est un roman très riche qui propose des tentatives de réponse à de nombreuses questions existentielles que tout le monde se pose. Cela va être amusant et passionnant de réfléchir à tout ça », assure Veronica avec enthousiasme.
Pour le moment, les trois jeunes femmes continuent à travailler sur le projet. Poitiers Jeunes va leur filer un sacré coup de main en leur permettant de lire en guise de publicité et de mise en bouche des extraits de Julio Cortazar sur les ondes de Radio Pulsar, partenaire de l’association.

Marion (à droite) est à Chiapas pour la formation de jeunes à l’entreprenariat solidaire.

Marion (à droite) est à Chiapas pour la formation de jeunes à l’entreprenariat solidaire.

Autre projet exaltant conseillé par Poitiers Jeunes : Yapluka, porté par Marion et Laura, titulaires d’un master en économie sociale et solidaire, et par Gonzalo, diplômé du master assistance mise en scène de l’université de Poitiers. « Notre association a pour but d’encourager les gens à entreprendre dans l’économie sociale et solidaire notamment avec le voyage apprenant qui consiste à sortir les personnes de leur environnement familier pour les pousser à agir et à dépasser leurs craintes », explique Marion.
Les trois jeunes sont partis il y a un an au Mexique à Chiapas, pour tester leur méthode et voir si le projet était viable. « On a travaillé avec des jeunes sur place et cela a marché ! Les retours ont été positifs. On a essayé de les sortir un peu de leur quotidien et de leur montrer qu’ils pouvaient avoir des projets, que cela n’était pas impossible ». « On a tous beaucoup appris », affirme avec émotion Laura. Un nouveau voyage au Mexique est prévu et cette fois ce sont des Européens qui partiront là-bas. Mais avant, un voyage au Maroc se prépare pour novembre avec des Français, des Allemands et des Québécois.
Yapluka organise aussi des formations plus courtes et payantes dans la Vienne. Comme dans les voyages apprenants, le théâtre a une grande place dans le projet. « Par le théâtre et l’improvisation, on pousse les gens à se confronter à l’inconnu et à entamer une démarche de création. On tente de montrer que l’erreur est possible mais qu’il ne faut pas en avoir peur, l’important est de tenter, d’essayer et de rebondir », soutient avec fougue Gonzalo le metteur en scène.
Pour l’aspect formation, les jeunes gens viennent de rejoindre une coopérative d’activités et d’emplois. Cette forme d’entreprise permet aux porteurs de projet de bénéficier d’un statut d’entrepreneur salarié en contrat à durée indéterminée et d’une protection sociale. Toute la gestion administrative, fiscale et comptable est mutualisée pour toutes les entreprises de la coopérative. C’est un moyen pour Laura, Marion et Gonzalo d’être pleinement dans l’économie sociale et solidaire qu’ils défendent tant. « A notre petite échelle, on essaye de changer la société ! » s’exclame Gonzalo.
Un programme que partagent de nombreuses associations défendues par Poitiers jeunes. Ces ambitions collent parfaitement à l’objectif général de l’association qui est de « reconnaître le potentiel et le talent inventif, en créant, pour et avec chacun, les conditions favorables à l’expression de leurs projets afin de développer leur implication active dans la société ». Mission réussie donc pour cette association qui donne terriblement envie de s’engager !

Lien vers le blog de l’association Yapluka : http://yapluka.unblog.fr/
Lien vers le site de Poitiers Jeunes : http://www3.poitiers-jeunes.com/
Lien vers le site de Radio Pulsar où est diffusé Zazou, émission dans la quelle Poitiers-Jeunes présente l’actualité de ses porteurs de projet : http://www.radio-pulsar.org/?page_id=586

Matthias Hardoy

Matthias Hardoy

Parle beaucoup de cinéma et un peu d'autres choses (radio, théâtre...) Franco- espagnol de nationalité, finnois de cœur et parisien depuis peu...
Matthias Hardoy

Written by Matthias Hardoy

Parle beaucoup de cinéma et un peu d'autres choses (radio, théâtre...) Franco- espagnol de nationalité, finnois de cœur et parisien depuis peu...