On l’a appris récemment, faute d’imagination et de créativité, Sony Pictures a décidé de faire un remake du cultissime Jumanji de 1995. A croire que pour « vendre » un film aujourd’hui, rien de tel que de reprendre un scénario, le piétiner tel un troupeau de rhinocéros, et faire passer ça pour un film « pour les jeunes » (et non, Jurassic Park 4 ne compte pas, puisque c’est une suite). Nous, génération Y, crions au scandale !

Nous avons donc décidé de réparer cet impair auprès de la génération Z, pour qu’eux aussi sursautent dès qu’un bruit ressemble, de près ou de loin, à celui d’un tambour…

Jumanji, c’est l’histoire d’Alan Parrish [Robin Williams], un jeune garçon martyrisé par ses camarades de classe, qui, attiré par des sons semblables à des battements de cœur, découvre un jeu de société bien mystérieux. Une seule règle : « Lancez les dés pour déplacer votre pion, un double donne le droit de rejouer. Le premier qui arrive au bout a gagné ». Mais ce qu’Alan et son amie Sarah [Bonnie Hunt] ne savent pas, c’est ce que le jeu – d’apparence enfantine – leur réserve… L’apparition de phénomènes et de vilaines bébêtes tout droit sortis d’un autre monde, dans lequel Alan va se retrouver aspiré durant des années : « Dans la jungle tu attendras, un cinq ou un huit te délivrera »…

Jusqu’au jour où de nouveaux enfants emménagent dans l’ancienne demeure des Parrish. Peter et Judy [campée par une toute jeune Kirsten Dunst, qui y fait là des débuts prometteurs] parviendront-ils à libérer Alan, et surtout, à parvenir au bout de la partie entamée en 1969 ?

Adapté du livre de Chris Van Allsburg, Jumanji parvient à nous tenir en haleine tout au long du film, et à séduire tous les publics. En effet, si le livre était plutôt destiné aux enfants, le long-métrage aborde la pré-adolescence, l’absence des parents, le temps qui passe, la perte de l’innocence… Le film de Joe Johnston associe effets visuels extraordinaires pour l’époque (aucun animal du film n’est réel) et jeu des acteurs pour nous surprendre jusqu’à la fin, classant Jumanji parmi les films incontournables des années 1990.

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Alan, Judy et Peter parviendront-ils à terminer la partie ? (Photographie : TriStar Pictures)

Et bien sûr, que serait Jumanji sans Robin Williams ? L’acteur qui pouvait nous faire rire et pleurer dans chacun de ses films, est particulièrement émouvant dans ce rôle de garçon « perdu », à la fois combatif et naïf, dévasté lorsqu’il retourne dans l’usine désaffectée où travaillait son père. C’est sans doute le plus dérangeant avec le remake prévu par Sony : qui peut remplacer l’irremplaçable ? Quel acteur osera marcher dans les pas d’un comédien respecté et adulé, disparu il y a seulement un an ?

D’autant que le projet de donner une suite à Jumanji a lui-même été abandonné à plusieurs reprises (d’abord en 1998, puis en 2002), faute de scénario convaincant. Une piste qui, pourtant, aurait été plus crédible qu’un reboot, la fin du film restant ouverte. Une version dessin animé a donc vu le jour, ainsi qu’un jeu de société, mais sans égaler jamais le long-métrage de 1995.

Peut-être devrait-on conseiller aux producteurs du futur remake de se fier aux règles du jeu : « Aventurier méfiez-vous… »[1]

[1] « …ne commencez que si vous avez l’intention de finir. Les effets saisissants de ce jeu ne cesseront que lorsque l’un des joueurs aura atteint Jumanji et prononcé son nom »
BONUS :
> Les acteurs de Jumanji 20 ans plus tard (le petit Peter n’est plus ce qu’il était, snif !)
> Les meilleures scènes du film sur Youtube
14 choses que vous ne saviez pas sur Jumanji : notamment que l’acteur qui joue le père d’Alan Parrish joue aussi le chasseur (et on comprend donc, 20 ans plus tard, que le chasseur représente la crainte d’Alan pour son père, et son passage à l’âge adulte)… bref, je m’égare !
Claire Faugeroux

Claire Faugeroux

"Y" dans l'âme, fermement décidée à prouver que sa génération a construit sa propre culture, nez collé aux écrans... ou pas !
Claire Faugeroux

Written by Claire Faugeroux

"Y" dans l'âme, fermement décidée à prouver que sa génération a construit sa propre culture, nez collé aux écrans... ou pas !