Certes le film d‘Antoine Fuqua n’est pas un chef d’œuvre qui révolutionne l’histoire du cinéma, pourtant il est loin d’être dénué d’intérêt. Jake Gyllenhaal est très crédible et émouvant en boxeur en pleine rédemption qui cherche à récupérer la garde sa fille suite à la mort de sa femme, interprétée avec justesse par Rachel McAdams.

LA RAGE AU VENTRE 1

Maureen, l’épouse dévouée du héros Bill Hope (Rachel McAdams)

Si le film a des airs de déjà vu, c’est qu’il reprend volontairement la mythologie entourant la boxe (et les sports de combat en général) faite de déchéances, de retours en grâce et de victoires contre soi-même. Le cinéma américain s’est abondamment servi de cet imaginaire pour nous trousser des histoires âpres, violentes et romanesques. On pense par exemple à Millon Dollar Baby ou à The Wrestler avec Mickey Rourke.

À défaut de l’originalité, La rage au ventre (Southpaw en VO) a pour lui l’honnête et une certaine sobriété. Le réalisateur a conscience que son spectateur est intelligent, nul besoin donc de rajouter plus de larmes et de sang que nécessaire pour que le récit soit réaliste, qu’il émeuve et soit compris. La modestie du film , son refus de l’esbroufe et du sensationnalisme finissent par payer. La promotion par le nouvel entraineur du héros (le toujours impressionnant Forest Whitaker) d’une boxe plus éthique montre bien que le film est en creux une dénonciation plutôt progressiste des dérives et des chimères du sport spectacle.

C’est certain que l’on reverra un jour ou l’autre une telle  histoire de haine et de pardon sur les écrans car  la boxe a quelque chose de dérangeant et de très cinématographique. La fascination pour ce sport dur où des hommes et des femmes se mettent en danger dans l’espoir de s’élever socialement et de retrouver de la dignité ne vas pas cesser de sitôt. Tant que des hommes auront la rage au ventre, cette façon d’exorciser le chaos de notre monde inspirera les cinéastes…

Matthias Hardoy

Matthias Hardoy

Parle beaucoup de cinéma et un peu d'autres choses (radio, théâtre...) Franco- espagnol de nationalité, finnois de cœur et parisien depuis peu...
Matthias Hardoy

Written by Matthias Hardoy

Parle beaucoup de cinéma et un peu d'autres choses (radio, théâtre...) Franco- espagnol de nationalité, finnois de cœur et parisien depuis peu...